Approche cyclique : Le signe des Poissons

Nina_HagenLes Poissons sont le dernier signe du zodiaque. Nous pouvons l’approcher selon deux points de vue. Sous un angle, Les Poissons sont l’aboutissement d’un processus saisonnier né au solstice avec le Capricorne qui s’est épaissit au Verseau et la fin d’un processus annuel plus global né au Bélier, premier signe du zodiaque. Sous un autre angle, les Poissons préparent à l’émergence de la vie nouvelle au signe suivant du Bélier, comme toute fin de cycle est le ferment d’un nouveau cycle à venir.

Nous avons vu que le Capricorne était la consécration de l’être individuel qui par un parcours solitaire d’épreuves et d’élévation avait touché l’essence intérieure de l’être. Le Verseau s’était fait le diffuseur dans le monde, auprès d’autrui, de cette conception radicalement nouvelle du monde et de l’être. Mais le Verseau, s’il est tout entier tourné vers le futur et l’humanité en tant que collectivité, vit encore dans un monde d’idées. Les Poissons vont réaliser l’espoir essentiel du Verseau en faisant disparaître les frontières, les limites et la notion d’individualité séparée et séparable.

Les Poissons réalisent l’Unité, en ce sens que tout se tient et qu’il n’est plus possible de discerner les différences et les oppositions. Le monde des Poissons est un océan infini où la conscience individuelle est une goutte d’eau qui y est dissoute, qui se partage intimement avec l’ensemble, qui ne connaît pas de fin. Discerner les contours de la goutte d’eau ne fait pas sens dans l’océan. Les Poissons vibrent à l’unisson avec les êtres, avec les choses, avec les mondes.

D’où le flou qu’on prête à leurs natifs, tout autant que l’empathie, l’intuition et le contact avec les émotions et le non-visible. C’est que les Poissons sont en osmose avec l’Univers entier. Le signe est le résultat d’un processus de dissolution, de désagrégation des éléments séparés dans une unité primordiale, sans forme, où tout est possible et d’où tout peut émerger. Comme une cellule biologique dont la membrane et les membranes des éléments interne auraient progressivement disparût, l’ensemble de ces éléments s’unifiant dans un bain commun.

D’où la communion, l’amour sans limite, l’absence parfois de concept (de limites) de soi qui amène à se tourner tout.e entièr.e vers les autres, la compassion infinie qui est la grâce de ce signe, dans lequel Vénus est exaltée. Rappelons que la Vénus mythologique est née de l’océan dans lequel était tombé la semence d’Uranus (maître du Verseau, signe précédent).

D’où également la capacité à faire vibrer l’autre mais aussi à ressentir l’autre et à le mouvoir subtilement via ses propres intentions conscientes ou inconscientes. D’où encore l’aisance à naviguer en eaux troubles, à user du brouillard à son compte (les Poissons escrocs, manipulateurs, faisant vibrer leur monde en y entraînant les autres et se jouant des règles et de la morale, se glissant entre les mailles des filets, insaisissables).

En tant que précédent à la re-naissance au Bélier, les Poissons sont les eaux primordiales d’avant la naissance du monde, l’indistinct dont le distinct pourra émerger, le liquide amniotique qui prépare à une nouvelle naissance. Mais au moment des Poissons, c’est encore le stade de l’union à tout, de la conscience indifférenciée dans la totalité, de la fusion avec la mer d’où tout émergera (notamment les premières formes de vie sur Terre), du flottement dans l’unité primordiale et tout autant dans le ventre qui constitue littéralement l’univers du bébé qui ne connaît pas encore la séparation et l’individualité qui se formera par la rencontre de l’extérieur.

Avec Jupiter comme premier maître, les Poissons nous parlent d’expansion, de largesse, de conscience infinie. Avec Neptune comme second maître, c’est de rapport au vibratoire et à l’amour universel qu’il est question… quand ce n’est pas d’illusions, d’entourloupes, de faire l’anguille en jouant avec le flou. Notons que les deux maîtres du signe, Jupiter et Neptune, portent traditionnellement dans leurs significations quelque chose du religieux, dont la fonction de relier (lat. religere) à une totalité est en parfaite concordance avec l’énergie dont est pétri le signe. Relié, au point de n’être plus discernable, au point de n’être pas séparé, au point de n’être que traversé par quelque chose de plus grand, ses vagues, ses clapotis, ses courants puissants et parfois ses lames de fond.

Signe d’Eau au surplus, les Poissons nous parlent de ressenti, de monde émotionnel, de réceptivité. D’où les capacités d’empathies et d’expériences extra-sensorielles pour les natifs, en particulier avec une Lune dans le signe (médiumnité, rêves prémonitoires, rapports avec l’au-delà, intuitions, …).

La qualité mutable du signe vient renforcer les capacités adaptatives de sa nature humide. Double-face, multi-face, adaptation constante et tout en douceur à un milieu qu’on épouse sous toutes ses formes. Les Poissons se coulent dans l’existence, adaptant leur (Protée-i-)forme au monde de manière à s’y trouver toujours en adéquation, en résonance. Sans faire de vagues, le signe a une remarquable capacité à s’adapter en fonction des situations, doucement, sans rupture, toute comme l’eau épouse la forme et les propriétés de tous ses contenants.

De sa qualité aqueuse le signe tire son impressionnabilité, son côté malléable. Mais l’eau des Poissons est fuyante, elle glisse entre les doigts pour retourner toujours dans l’océan infini de l’Univers.

Il est difficile de cerner ce signe, tant ses contours sont indiscernables, tant son univers est vaste…

Chopin, univers communiant

D. Gilmour (Guitariste), fusion, union, douceur, bain de sensations